Vendredi 25 septembre 2009
Ce sera sans doute possible à présent. Peut-être pas dans l'immédiat (trop de fatigue et de
tracas), mais bientôt très certainement.
Car je n'ai guère écrit depuis ce printemps où je passais mes pauses de midi au soleil, le stylo à la main.
Aujourd'hui, les choses changent à nouveau. Pendant quelque temps, j'ai écrit au cours de mes trajets dans les transports en commun. Mais depuis mon retour en France, mes trajets étaient trop
courts pour me permettre de poser mes idées et surtout de les développer.
Qui aurait cru que déménagement rimait avec écriture ? C'est pourtant le cas aujourd'hui. Certes, mon temps de trajet journalier s'allonge considérablement mais cela ne me pèse pas. Je passe mon
temps assise et n'ai qu'une correspondance : de quoi en profiter un maximum. Lecture, travail et surtout écriture pourront être au programme.
Je vais donc pouvoir reprendre la plume en plus de vivre dans un cadre plus agréable. Je vous le dis depuis le début, ce déménagement n'a finalement que de bons côtés. Vous ne trouvez pas ?
Ambre
Par Ambre
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Dernièrement, je m'étais bien remise à écrire. Et je continue. Nous avons notamment passé
un week-end en Belgique où j'ai eu toute une journée pour lézarder au soleil que j'ai mise à contribution pour avancer vaillamment. Des pages noircies. Un peu de plaisir. De bonnes
sensations. L'impression que le texte avance.
De lui-même.
Et c'est bien là le problème.
Oui, vous l'avez deviné, je vais encore venir vous assaillir de mes doutes et questionnements.
Ce "roman" est fort bien avancé. J'ai dans mon ordinateur un fichier Word A4 de plus de 100 pages (soit environ 200 pages
standard) et sur mon cahier encore plus d'une cinquantaine de pages. Et j'avance. Chaque semaine.
Sauf que je ne sais pas où je vais. J'ai bien une vague idée, mais elle porte en elle son défaut : elle est vague,
justement. A aucun moment dans la conception de ce roman, je n'ai entrevu une fin à celui-ci. Je le voyais plus comme une fresque. Il est né de sensations, d'envies, de sa propre
émanation.
Un soir que j'étais dans mon lit à remâcher la trajectoire fort improbable de mes personnages, à un moment où je n'étais
plus vraiment éveillée et pas encore tout à fait endormie, j'ai vu le pourquoi, la trame profonde et la raison d'être de ce texte. J'ai touché du doigt ce qu'il devait être, vers quoi il devait
tendre et j'ai su de façon fugitive où j'allais. J'ai un souvenir très net de ce moment où je me suis dit : "C'est ça, ce roman doit se dérouler ainsi." Et puis... je me suis endormie. Je n'ai
rien noté. Et tout s'est enfui.
Aujourd'hui, je ne sais toujours pas où je vais. Je n'ai tracé de plan que pour les trois ou quatre chapitres à venir,
pas plus. Et les personnages vivent leur vie. Ils font glisser mon stylo sur les pages lignées de ce cahier que je traîne avec moi. Il prennent des directions que je n'avais pas imaginées mais
qui leur conviennent et que je ne peux renier. Le roman a sa propre vie et moi, j'ai l'impression d'être un auteur perdu dans le noir.
Je devrais me poser. Réfléchir à tout ce que j'ai mis en place. Aux raisons pour lesquelles je l'ai fait. A la façon dont
tout ceci devrait être mené. Et ne pas le faire dans mon lit, un soir de semaine où je suis crevée... je n'y parviens pas vraiment. J'attends peut-être le moment propice. C'est ce que je fais un
peu pour tout : je ne fais pas forcément les choses au moment où je le devrais, je les fais au moment où je le sens et c'est souvent une bonne décision, je m'en rends compte
quotidiennement.
Malgré tout, aujourd'hui, je me sens un peu larguée face à ce texte déjà très gros (un peu monstrueux à mes yeux même).
D'un côté mon envie d'écrire et la satisfaction que je prends à le faire me poussent à poursuivre. De l'autre, je ne peux éviter de penser "à quoi bon ?" en me disant que je m'économiserais de la
peine et de l'énergie en arrêtant dès maintenant. Ce serait un roman mort-né. Ca ferait mal, mais on n'y pourrait rien.
Je peux peut-être encore le sauver. Pour cela, il faudrait que je cesse d'avancer dans le noir. Que je prenne le temps
d'allumer une bougie, aussi ténue que puisse être sa lueur. C'est sans doute là que se trouve la difficulté et la souffrance que je ne trouve plus lorsque j'écris.
Ambre
Par Ambre
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Courrier des lecteurs