Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, je viens vous faire une petite leçon. Celle-ci est plus particulièrement destinée à Linka mais je pense que ça peut servir à d'autres, raison pour laquelle j'ai décidé d'en faire un article.
Comme certains d'entre vous le savent, je fais quelques corrections, notamment pour Sandy, et critiques sur des blogs à orientation littéraire. Tout ceci en liaison avec mon métier (ceux qui n'ont toujours pas compris ce qu'il est... vous ne lisez pas assez attentivement !), je me permets donc de donner quelques règles simples à ceux qui en demandent afin d'améliorer leurs écrits. Minimiser l'utilisation des adverbes, éviter les incohérences, aller à la simplicité sont les conseils principaux que je peux donner. Mais j'ai récemment été surprise que beaucoup ne sachent pas correctement ponctuer un dialogue. Je m'attaque donc à ce sujet spécifique.
Il est vrai que les règles peuvent varier sur ce point. C'est d'ailleurs une des raisons qui font que les auteurs sont souvent un peu perdus et ne savent plus à quel saint se vouer. D'un livre à l'autre, d'un auteur à l'autre mais surtout d'un éditeur à l'autre, les dialogues ne sont pas forcément présentés de la même façon.
Pour pas vous égarer, je vous conseille donc la bible en la matière, à savoir, le Code typographique (eh oui ! ces choses là existent et il est toujours bon d'en avoir un sous la main lorsqu'on souhaite écrire correctement). Le Code dit : "Les dialogues inclus dans un texte seront ouverts et clos par des guillemets. Les changements d'interlocuteurs seront marqués par des tirets." Plusieurs formes sont ensuite présentées. Mais ce que vous devez en retenir, c'est une présentation du genre suivant.
Priscilla descendit l'escalier. Tom l'accueillit avec un sourire :
« Bonjour. Tu as bien dormi cette nuit ?
- Oui, merci, répondit Priscilla en se frottant les yeux, la chambre était très confortable.
-Tu veux du café pour ton petit déjeuner, lui demanda Tom.
- Je préférerais du thé si tu en as. »
Où l'on voit que Priscilla n'est pas toujours la garce que l'on croit et qu'elle peut être aimable le matin au réveil (c'est après que ça se corse, n'est-ce pas Jean-Christophe ?).
Donc, il faut éviter les excès de ponctuation qui souvent perdent le lecteur et rendent la lecture moins facile. Je prends un exemple sur le blog de Linka en espérant qu'elle me pardonnera : il ne s'agit pas de la pointer du doigt mais de montrer ce qui doit être fait.
- « Je veux venir avec toi » dit la petite fille avec une moue boudeuse
- « Je ne peux pas t’emmener avec moi Stellie. Je dois voir quelqu’un mais je serai vite de retour, je te le promets. », lui répond-il doucement.
-«Mais Mime va rester avec toi et ici tu n’as absolument plus rien à craindre. »
L’enfant esquisse un sourire résigné mais compréhensif.
- « Tu reviens vite? Tu promets? » Insiste-t-elle avec inquiétude.
- « Je te le jure Stellie »
Dans cet exemple, il y a surcharge de guillemets et on ne sait pas toujours qui parle. Cet extrait aurait dû être ponctué ainsi.
« Je veux venir avec toi, dit la petite fille avec une moue boudeuse.
- Je ne peux pas t’emmener avec moi Stellie. Je dois voir quelqu’un mais je serai vite de retour, je te le promets, lui répond-il doucement. Mais Mime va rester avec toi et ici tu n’as absolument plus rien à craindre. »
L’enfant esquisse un sourire résigné mais compréhensif.
« Tu reviens vite ? Tu promets ? insiste-t-elle avec inquiétude.
- Je te le jure Stellie. »
Il ressort que lorsque l'interlocuteur reste le même, il n'est pas nécessaire d'aller à la ligne ni d'ouvrir de nouveaux guillemets. On n'ouvre et on ne ferme les guillemets qu'à chaque nouveau dialogue et non à chaque nouvelle réplique.
Si votre récit comprend de très nombreux dialogues, vous pouvez adopter une autre forme pour votre dialogue afin de ne pas avoir à ouvrir et fermer sans arrêt des guillemets. C'est une forme très utilisée par les éditeurs anglo-saxons et dans la littérature contemporaine (voir par exemple, Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb). Il s'agit de simplement placer un tiret avant chaque réplique en omettant les guillemets.
Priscilla descendit l'escalier. Tom l'accueillit avec un sourire :
- Bonjour. Tu as bien dormi cette nuit ?
- Oui, merci, répondit Priscilla en se frottant les yeux, la chambre était très confortable.
-Tu veux du café pour ton petit déjeuner, lui demanda Tom.
- Je préférerais du thé si tu en as.
Si un personnage parle longtemps et qu'on veut scinder son monologue en paragraphes, il est recommandé de mettre un guillemet ouvrant avant chaque nouveau paragraphe pour signifier que c'est toujours la même personne qui parle. Voici un exemple.
Une fois tout le groupe attablé, Herlock commença son récit.
« Nous étions partis à l'aube pour Centauri 21, tout un équipage de pirates expérimentés et n'ayant pas peur de grand chose. L'aventure s'annonçait bien.
- Qu'aviez-vous en tête, capitaine ? demanda Alfred.
- Nous pensions dévaliser le musée de la cité-capitale afin de nous emparer du parchemin indiquant l'emplacement du trésor du Capitaine Flam. Ca permettait des prises avec une bon prix à la revente et de brouiller les pistes concernant notre véritable but. Mais les choses se sont vite corsées.
« Nous étions à peine parvenus sur la planète que toute une escadre de chasseurs nous sont tombés dessus. Ca tirait dans tous les coins. Nous avons dû sortir la flottille de chasse pour défendre le vaisseau tant ils étaient nombreux. Au final, nous avons essuyé de très nombreuses pertes, des gars de valeur que je regrette toujours aujourd'hui.
« Je n'ai jamais su comment les forces de Centauri 21 avaient été informées, ni par qui. Mais ce que nous venons de vivre aujourd'hui ressemble fort à ce que j'ai connu ce jour-là. Et un certain protagoniste revient dans l'histoire... »
Voilà pour le petit cours, qui s'est révélé plus long que prévu, en espérant avoir été utile à certains et pas trop pompeuse. Bon courage et bonne écriture à tous.
Ambre
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