Beaucoup d'interrogations ces derniers temps dans la titraille, me direz-vous.
Ce matin, je suis partie prendre mon rer avec le bouquin en cours. Pour ne rien vous cacher il s'agit du tome 7 de L'Assassin royal de Robin Hobb. J'avais déjà lu les six premiers il y a
quelques années (toute la première partie du cycle). La deuxième partie étant enfin publiée intégralement, j'ai voulu m'y replonger, mais je ne me souvenais pas suffisamment bien des détails de
l'histoire à mon goût. J'ai donc tout repris depuis le début (et ne me traitez pas de folle ou je me fâche !). Bref, me voici partie ce matin, un peu plus tard que d'habitude pour le boulot avec
mon bouquin presque fini sous le bras, me disant que j'aurais juste assez de lecture pour l'aller et le retour.
Las, j'ai dû attendre le rer un quart d'heure. En arrivant à ma station, j'avais terminé le livre. Que vais-je lire ce soir en rentrant à la maison ? Je me sens démunie, même si ça peut paraître
stupide.
A cinq ans, j'avais une envie dévorante d'apprendre à lire. Dès que j'ai su, je me suis délectée de pouvoir enfin lire seule mes livres préférés (sans avoir à embêter ma mère pour qu'elle me
fasse la lecture). En grandissant, les choses ont empiré. Je lisais tout ce qui passait à ma portée : les emballages de produits alimentaires (avec un faible pour les boîtes de céréales), les
affiches publicitaires... Je signalais même les fautes que je pouvais trouver à mes parents : ça les faisait rire.
Mais surtout, je ne pouvais aller nulle part sans un livre (c'est toujours le cas aujourd'hui). Cela provoquait des crises : "Pourquoi emmènes-tu ton livre puisque nous allons dîner chez nos amis
? Tu n'en auras pas besoin." Je répondais invariablement : "On ne sait jamais." On ne sait jamais quoi ? Mes parents n'auraient su dire. Moi, si.
On ne sait jamais : il aurait pu ne pas y avoir d'enfant de mon âge avec qui jouer, la conversation des grands aurait pu être si ennuyeuse que j'aurais préféré me blottir dans un fauteil dès les
cafés terminés pour bouquiner, l'histoire était tellement prenante que si je pouvais trouver cinq petites minutes pour connaître la suite, j'en profiterai, etc. De fait, c'est ce que je faisait.
Ensuite, ce fut on ne sait jamais : le train pourrait avoir du retard, le médecin peut me faire attendre longtemps, je pourrais arriver en avance au rendez-vous... Il fallait prévoir. Avoir un
livre, c'est pour moi la meilleure solution.
Sans livre, que fait-on ? Pas d'évasion, pas de rêverie, aucun moyen d'échapper à l'ennui, du moins dans certaines circonstances. Le pire, c'est sans doute cette impatience qui vous saisit à
peine un ouvrage terminé, ce désir irrépressible de découvrir un nouvel auteur, un nouvel univers, de savoir quelles aventures nous attendent.
Me voici donc fort ennuyé de devoir rentrer ce soir sans lecture. Quoi que... Il doit bien rester un ou deux feuillets du roman de Sandy à corriger au fond de mon sac. Ca devrait faire
l'affaire.
Ambre
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