Danser à deux est une chose très particulière.
En latines, les deux partenaires ont une connexion qui passe par la précision du guidage, par le jeu entre le danseur et sa danseuse. C'est une danse virevoltante, rapide, sensuelle où chacun
donne son énergie à l'autre et l'entraîne dans des déhanchés et des petits pas pleins de virtuosité. Max et moi ne sommes pas très doués en latines. Nous aimons les danser et nous nous amusons
lorsque nous le faisons, raison pour laquelle nous continuons malgré notre absence de résultats probants en compétition.
En standards, c'est une toute autre affaire. Il s'agit de danses qui nous conviennent beaucoup mieux sans que l'on puisse vraiment s'expliquer pourquoi. Les sensations sont totalement
différentes. D'abord du fait de la danse elle-même. La danseuse s'y exprime beaucoup moins en tant qu'individu : alors qu'en latines, elle est le point de mire et l'élément d'attraction par son
rôle d'aguicheuse, en standards, elle est indissociable de son partenaire et son espace d'expression en est plus limité sans pour autant être inexistant. Le danseur porte la danse, il lui donne
sa distinction, sa classe. Max se sent particulièrement bien dans ce rôle. Les partenaires sont indissociables, collés l'un à l'autre, le guidage passant par des mouvements de corps très subtils,
des directions et une grande rectitude.
Dans ces danses, j'ai parfois l'impression que nous devenons alors une drôle de bête : nous sommes deux mais nous ne sommes pourtant plus qu'un, animal à quatre jambes et à l'équilibre unique.
L'équilibre, c'est peut-être le maître mot. Tout doit être fait en fluidité mais aussi en puissance, chacun utilisant le sol et ses appuis pour stabiliser le couple et lui permettre de
s'exprimer. Un travail intense à chaque pas, chaque tour, chaque figure. Et lorsque ça passe... c'est magique !
Essayez un jour : vous m'en direz des nouvelles.
Ambre
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