Lundi 12 novembre 2007
Elle descend du rer, son cahier et son stylo à la main, l'air un peu paniqué. Elle cherche le premier siège venu. Et elle se pose là, sur le siège en plastique gelé de la gare. Le rer ferme ses portes et continue sa route. Les voyageurs qui sont descendus se précipitent vers la sortie. Elle reste là. Quelques-uns la regardent. Elle fait quoi ? Pourquoi elle reste là ? Assise, sans chercher à quitter ce lieu froid et inhospitalier pour rentrer chez elle ?
Elle griffonne. A toute vitesse. Des phrases aux lettres de moins en moins bien formées tellement ça l'agace et tellement il fait froid. Elle continue encore. Il n'y a plus personne sur le quai. Ils sont tous partis. Le plus vite possible, pressés de retrouver la chaleur du logis. Elle s'accroche à son cahier à spirales. Encore quelques phrases. Ce ne sera plus très long.
Elle pose un point. Rebouche le stylo, referme le cahier, glisse le tout dans son sac. Le rer suivant ne va pas tarder. La gare est déserte et grise dans la nuit déjà tombée. Elle prend l'escalator, sort dans le hall. Une ou deux personnes attendent là. Là où il fait chaud. Enfin, elle sort de la gare et se précipite dans la rue. Elle se sent plus légère mais il n'y a plus personne et les rues désertes sont un peu inquiétantes. ce n'est pas bien grave. Elle a terminé ce qu'elle avait à faire.

Je sais que les gens se demandent. Se disent : "Elle fait quoi celle-là ?" Mais c'est bien moi cette fille. celle qui trouve les trajets en rer trop courts pour pouvoir terminer le chapitre qu'elle est en train d'écrire. Ce soir là, j'ai terminé mon premier chapitre depuis mon arrivée à Paris. Deux mois pour un chapitre : beaucoup trop court ce trajet en rer !

Ambre
par Ambre publié dans : Ecrire
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Jeudi 11 octobre 2007

Souvent, j’ai pensé qu’il serait facile d’écrire, d’écrire bien, de bons textes. Après tout, je connais les recettes sur le bout des doigts. Et ce n’est pas la plume qui me manque, ni la compétence technique.

 

Il suffirait de m’asseoir devant mon clavier et de le tapoter doucement jusqu’à former ces phrases, ces paragraphes et ces chapitres qui feraient de mon livre une œuvre reconnue. Oui, ce serait facile.

 

Je n’y arrive pas pourtant.

 

Je me lance dans des histoires dont je ne connais pas plus la fin que le déroulement, me laissant porter par une imagination parfois défaillante mais qui se rappelle toujours à moi malgré tout.

 

Pourquoi ai-je tant besoin que ces histoires me tiennent à cœur ? Pourquoi ne puis-je me lancer dans une chronique de vie, un roman d’amour ou un thriller qui se vendraient comme des petits pains et dans lesquels je ne m’impliquerais pas ? Sans compter mon incapacité d’imagination dès que je suis vrillée à mon clavier.

 

Je crois avoir déjà évoqué tout ça. Cela n’empêche pas ces idées de revenir avec une régularité pénible.

 

Aujourd’hui, c’est très calme au travail. Je n’ai guère d’occupation. Je fais acte de présence. Je me dis que je n’ai qu’à ouvrir un document Word et à taper gaiement sur les touches pour que s’érige en un rien de temps l’ébauche d’un texte, fabuleux cela va sans dire. Après être passée par l’indispensable étape du récit du processus que je mets en route. Encore une chose que j’ai du mal à comprendre mais dont je m’acquitte.

 

Me lancer ? Je n’y crois plus. Continuer à œuvrer courbée et avec acharnement semble être ma seule voie.

 

 

 

Ambre

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