Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 12:24
Dernièrement, je m'étais bien remise à écrire. Et je continue. Nous avons notamment passé un week-end en Belgique où j'ai eu toute une journée pour lézarder au soleil que j'ai mise à contribution pour avancer vaillamment. Des pages noircies.  Un peu de plaisir. De bonnes sensations. L'impression que le texte avance.
De lui-même.

Et c'est bien là le problème.
Oui, vous l'avez deviné, je vais encore venir vous assaillir de mes doutes et questionnements.

Ce "roman" est fort bien avancé. J'ai dans mon ordinateur un fichier Word A4 de plus de 100 pages (soit environ 200 pages standard) et sur mon cahier encore plus d'une cinquantaine de pages. Et j'avance. Chaque semaine.
Sauf que je ne sais pas où je vais. J'ai bien une vague idée, mais elle porte en elle son défaut : elle est vague, justement. A aucun moment dans la conception de ce roman, je n'ai entrevu une fin à celui-ci. Je le voyais plus comme une fresque. Il est né de sensations, d'envies, de sa propre émanation.
Un soir que j'étais dans mon lit à remâcher la trajectoire fort improbable de mes personnages, à un moment où je n'étais plus vraiment éveillée et pas encore tout à fait endormie, j'ai vu le pourquoi, la trame profonde et la raison d'être de ce texte. J'ai touché du doigt ce qu'il devait être, vers quoi il devait tendre et j'ai su de façon fugitive où j'allais. J'ai un souvenir très net de ce moment où je me suis dit : "C'est ça, ce roman doit se dérouler ainsi." Et puis... je me suis endormie. Je n'ai rien noté. Et tout s'est enfui.
Aujourd'hui, je ne sais toujours pas où je vais. Je n'ai tracé de plan que pour les trois ou quatre chapitres à venir, pas plus. Et les personnages vivent leur vie. Ils font glisser mon stylo sur les pages lignées de ce cahier que je traîne avec moi. Il prennent des directions que je n'avais pas imaginées mais qui leur conviennent et que je ne peux renier. Le roman a sa propre vie et moi, j'ai l'impression d'être un auteur perdu dans le noir.
Je devrais me poser. Réfléchir à tout ce que j'ai mis en place. Aux raisons pour lesquelles je l'ai fait. A la façon dont tout ceci devrait être mené. Et ne pas le faire dans mon lit, un soir de semaine où je suis crevée... je n'y parviens pas vraiment. J'attends peut-être le moment propice. C'est ce que je fais un peu pour tout : je ne fais pas forcément les choses au moment où je le devrais, je les fais au moment où je le sens et c'est souvent une bonne décision, je m'en rends compte quotidiennement.

Malgré tout, aujourd'hui, je me sens un peu larguée face à ce texte déjà très gros (un peu monstrueux à mes yeux même). D'un côté mon envie d'écrire et la satisfaction que je prends à le faire me poussent à poursuivre. De l'autre, je ne peux éviter de penser "à quoi bon ?" en me disant que je m'économiserais de la peine et de l'énergie en arrêtant dès maintenant. Ce serait un roman mort-né. Ca ferait mal, mais on n'y pourrait rien.
Je peux peut-être encore le sauver. Pour cela, il faudrait que je cesse d'avancer dans le noir. Que je prenne le temps d'allumer une bougie, aussi ténue que puisse être sa lueur. C'est sans doute là que se trouve la difficulté et la souffrance que je ne trouve plus lorsque j'écris.

Ambre
Par Ambre - Publié dans : Ecrire
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 14:24
Et là, vous allez croire que je vais parler de danse. Eh bien, non !
Je voulais avant tout vous parler de mon rythme d'écriture actuel. Parce que la danse, en ce moment, je ne risque pas de vous en parler vu que je suis immobilisée depuis deux #?&!$ mois par une entorse à la cheville qui n'en finit plus de guérir. En revanche, côté écriture, j'ai repris du poil de la bête, on ne peut pas dire le contraire.
Mes excursions au soleil durant la pause déjeuner me permettent d'écrire une moyenne de deux pages par jour (cahier petit format, mais j'écris tout petit...). Bien sûr, afin que mes collègues ne croient pas que je les boude, je ne m'adonne pas à ce passe-temps tous les jours. Mais à coup de deux ou trois fois par semaine, ça commence à peser dans la balance. La preuve, je viens de terminer un chapitre (entamé l'an passé) d'une quarantaine de pages et j'en entame un nouveau.
Pour le coup, cette année, on ne pourra pas dire que je n'ai pas tenu mes résolutions et ce, même si l'année n'est pas terminée. Car je n'avais pas fixé de quota d'écriture. J'avais juste dit que je souhaitais écrire plus. Ecrire plus que rien, remarquez, ce n'est pas très compliqué. Quoi que... Mais même en arrêtant aujourd'hui, j'aurais rempli mes objectifs, c'est dire !
Trêve de plaisanterie, la quantité n'est pas la finalité de l'écriture (même si, pour qu'une chose soit bonne, il faut au moins l'avoir produite) et n'a jamais été ma jauge. Je me suis souvent plainte de mon très mauvais rendement (je passe plus de temps à rêvasser qu'à écrire en général), mais c'était surtout dans la perspective d'avancer dans mes travaux et de ne pas mettre à nouveau 15 ans pour terminer mon second roman. Bon, ce n'est visiblement pas parti pour... mais je peux tout de même essayer de réduire la durée.

Ce qui m'interpelle dans ce nouveau rythme que j'ai adopté, c'est la forme qu'il prend. En fait, j'ai l'impression de ne plus du tout écrire comme avant. C'est toujours mon style, mon phrasé, mon univers, mais l'écriture en elle-même ne se construit plus de la même façon. J'ai l'impression de ne plus avoir besoin de mûrir les épisodes avant de les écrire. Je me contente de ne pas penser du tout à mon roman, de me rendre sur mon banc et de poser mon stylo sur le papier. Et là, presque de façon magique, j'écris. L'histoire suit son cours. On m'aurait dit ça il y a quelques mois, j'aurais pensé que, du coup, l'écriture serait mauvaise. Mais ce n'est pas ce qui se produit. En fait, je trouve même ça plutôt bon. C'est cohérent, assez enlevé, vivant, impliqué. Tout ce que je ne trouvais pas l'an passé dans mes textes. Je ne m'explique pas cela.
Alors, je vous soumets une ou deux hypothèses pour tenter une interprétation :
1. C'est mauvais mais je suis si contente d'écrire que je ne m'en rends pas compte : dans six mois, le couperet va tomber à la relecture ;
2. J'avais besoin d'un exutoire, je l'ai trouvé et tant pis pour l'histoire : au final, je vais m'apercevoir que c'est bon mais que je suis partie dans une direction qui n'était pas du tout celle prévue et que j'ai foiré mon roman ;
3. Inconsciemment (mais alors très très inconsciemment), je pense à mon histoire tout le temps (y compris en dormant) et du coup, ça sort tout seul ensuite : j'ai rendu le processus de création non conscient et je gagne un temps fou, youpi !
4. J'ai mûri, je n'appréhende plus l'écriture avec les mêmes angoisses et les mêmes complications qu'avant, j'ai enfin trouvé comment écrire sans souffrir mais comme je ne savais pas que ça existait, ça me fait un peu peur.

Maintenant, vous avez le choix, il ne vous reste qu'à voter...
Pour conclure, c'est vrai que j'ai un peu peur, que je me le dis tous les jours. Je crois que je me le dirai tant que je n'aurais pas intégré les nouveaux paramètres. C'est vrai aussi que ça me rend heureuse d'écrire autant et aussi librement. C'est vrai enfin que je désirais cette écriture plus facile et moins douloureuse. Alors, de quoi est-ce que je me plains ? (Là, je vous entends hurler : "Quoi elle nous a cassé les pieds pendant un article long comme un jour sans pain pour en arriver là ?" Ben oui...)
Allez, je vous en dirai plus d'ici quelque temps, quand j'aurais entamé la phase de saisie et de relecture, et merci de m'avoir lue.

Ambre
Par Ambre - Publié dans : Ecrire
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