Mercredi 28 septembre 2005

Si on a pu voir en Ripley, dans les débuts, l’antithèse du héros (surtout si l’on considère qu’à l’époque de sortie du premier film, les héros s’appelaient plutôt Rambo, Conan ou Bruce Lee), elle est devenue avec le temps l’héroïne par excellence, allant jusqu’à voler la vedette à la créature et être l’élément incontournable de la saga. On ne sait plus très bien s’il s’agit de films d’horreur et de science-fiction ou de l’histoire extraordinaire de cette femme ordinaire à l’origine. C’est sans doute une des plus grandes réussites des créateurs que d’avoir choisi de faire du héros une héroïne (ce qui n’était pas prévu au départ) : c’est une surprise pour le spectateur, c’est un formidable pari.

Bien sûr, le choix de l’actrice y est pour beaucoup. Sigourney Weaver a su incarner Ripley de la plus belle des façons : lumineuse, pleinement consciente des ambiguïtés de son personnage (qui fait face à des gros durs sans trembler mais ne peut quitter le vaisseau sans son chat). Capable de se montrer désespérément féroce et profondément sensible à la fois, elle utilise au fil des films une palette dramatique extrêmement large et savamment dosée qui va bien au-delà des numéros de fiers-à-bras ou de jeune fille effrayée hurlant à l’approche du monstre. En femme de tête, elle rayonne et se montre d’une virtuosité sans pareille sans jamais plonger du côté « maître de guerre » intransigeant et insensible. Sigourney Weaver sait nous rappeler que Ripley est une femme capable de sentiments maternels (avec Newt dans Aliens) ou amoureux (avec Clement dans Alien3), de profonds moments de désespoir sans perdre de vue le danger et la force qu’on réclame d’elle. Il n’y a guère que dans le quatrième épisode que les choses changent du fait de la double nature du personnage qui finit par se complaire dans le nid de la reine alien, reconnaître les créatures comme des frères, adopter pour partie leur comportement animal (ses mouvements de tête sont terrifiants) sans renier son côté humain. On peut même penser que ce sont seulement les souvenirs se celle qu’elle était avant de mourir qui la retiennent de passer du côté de l’animal sensuel qu’elle aimerait peut-être être.

Ambre

par Revant publié dans : Découvrir
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Mardi 27 septembre 2005

Je crois que pour moi comme pour la majorité des personnes, Alien, c’est une héroïne face à un monstre (je schématise un peu mais avouez que c’est d’abord à ça que vous pensez quand on vous en parle), une histoire de sang et d’horreur où, paradoxalement, les deux ennemis finissent par être tellement liés qu’on ne sait plus vraiment s’ils sont unis par la haine ou l’habitude (à défaut d’amour). La haine est bien présente, dès le premier film, le chef-d’œuvre signé Ridley Scott, avec la découverte de l’Etranger par un vaisseau de transport de marchandises.

Avec la haine va la terreur moite et froide, la course-poursuite dans un vaisseau désert et la farouche volonté de survie de Ripley incarnée par une Sigourney Weaver que l’on découvre forte, impitoyable et courageuse. C’est à ce personnage que vont désormais s’attacher les réalisateurs qui succèdent à Ridley Scott. Pourquoi elle ? Parce que c’est une femme, parce qu’elle ne sait rien faire d’autre que conduire des robots de charge et surtout pas se battre (au début s’entend) mais qu’elle est intelligente et la première à comprendre la menace que représente l’alien. Surtout elle parce que c’est le dernier personnage qu’on s’attend à voir survivre à la fin des films, du moins c’est ce que pensent les personnages qui l’accompagnent (comme les marines du deuxième épisode qui la surnomment Blanche-Neige), un véritable anti-héros finalement jamais présentée comme l’héroïne a priori (Ridley Scott ne la différencie des autres membres de l’équipage que très tardivement).

Bien sûr, le personnage de Ripley évolue. Dans Aliens, elle apprend à se battre, à utiliser des armes et se montre d’une férocité rare et d’une incroyable humanité, survivant à tous les marines venus avec elle exterminer les hordes de créatures ayant envahi LV426, prête à affronter la reine alien pour sauver une petite fille. On la sent encore fragile : elle croit encore que les dirigeants de la compagnie peuvent avoir de louables intentions, elle a encore l’énergie de se révolter et de combattre les évidences alors que, dans le troisième volet, elle se montre désabusée, sans illusion et, si elle se bat, c’est avec la force du désespoir car, désespérée, elle l’est alors qu’elle n’a jamais été aussi proche de son ennemi. Lumineuse comme rarement, elle montre à la fois une force incroyable et une faiblesse profonde face à ses responsabilités : ses larmes sont celles d’une femme fatiguée de devoir se battre et de ne voir se dérouler devant elle que le même combat sans espoir de répit. Elle le dit à l’alien lors d’une des confrontations du film : « Il y a si longtemps que vous êtes dans ma vie que je ne peux me souvenir de rien d’autre. »

Résurrection voit se dresser une nouvelle Ripley, celle ressuscitée par des scientifiques dans une station spatiale afin de redonner naissance au dernier alien tué par cette dernière. L’un ne va pas sans l’autre et le cauchemar peut reprendre vie. Mais, pour Ripley, il a une nouvelle saveur associant la naïveté d’une nouveau-né aux souvenirs effrayants d’une Ripley morte d’avoir combattu les créatures. Sigourney Weaver montre une fois de plus l’étendue de son talent avec une grâce animale, une férocité où il n’est fait nulle place aux remords et une fragilité liée à la douleur de la renaissance malgré elle et la certitude de savoir que nulle paix ne lui sera accordée (l’acharnement des scientifiques est bien visible dans le musée des horreurs qu’elle brûle afin d’en effacer l’atrocité). Ses rapports avec les aliens sont plus troubles que jamais car elle est à la fois leur mère et sœur et leur pire ennemie. Elle finit par préférer le côté des hommes mais l’ambiguïté demeure quant à sa double nature. Son côté alien exacerbe chez elle une sensualité et une animalité toutes neuves : elle n’est plus seulement la femme soldat forte et déterminée, elle est aussi instinct, ressenti et sensibilité à fleur de peau ainsi qu’une nouvelle combattante plus redoutable que jamais.

(à suivre)

Ambre
par Revant publié dans : Découvrir
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