Lundi 20 juin 2005

Ce week-end, vous l'aurez deviné, nous étions de compétition. Je ne vais pas me complaire à vous narrer l'étendue des dégâts : sachez juste que nous ne fûmes pas brillants (oulà, si je commence à user de tournures ampoulées, on n'a pas fini ! Ca va être dur aujourd'hui !).
Je voulais surtout profiter de ce petit détour par Rouen pour vous faire une esquisse de ce qu'est une compétition de danse sportive : et même si je sais que ça intéresse peu de monde (n'est-ce pas Nicolas ?). Parce que rien n'est comme vous pourriez l'imaginer.
Il y a des danseurs, des robes à paillettes kitschissimes (je vais avoir du mal à me résoudre à porter un jour un truc de ce genre), des juges et bien sûr de la musique comme vous n'en écoutez pas tous les jours. Le côté ronflant, pédant ou emmerdant s'arrête là, croyez-le ou pas. On n'est pas chez Sevran.
Parce qu'à côté de tout ça, il y a tout un travail, de la sueur (j'en ai déjà parlé, non ?) et de la préparation. Les gens, ici, se prennent rarement pour ce qu'ils ne sont pas : ils connaissent le prix du travail et des efforts, ils ont tous un jour été débutants et se comportent comme dans tout sport, en sportifs respectueux de tous les autres sportifs quel que soit leur niveau. Avant d'en arriver aux paillettes, on souffre tous à un moment ou à un autre.
Du coup, vous n'imaginez pas l'ambiance qui règne lors de ces compétitions, qu'il s'agisse de 5e série ou de niveau international. Des gymnases pleins, des supporters enthousiastes, des clubs où on se serre les coudes (surtout les jeunes, tu vois, Artémis), on s'entraide, on s'apprécie. Des fois, les ambiances sont semblables à celles d'un bon match de hand, de foot ou de volley. Ca crie, ça encourage, ça siffle, dans la bonne humeur et avec le sourire. Allez, je vous donne un exemple ou vous ne me croirez pas.

Je crois que je me souviendrai toujours de cette fois où Max a eu l'idée saugrenue de nous inscrire pour un open un peu particulier. Un open est évidemment une compétition où des couples de tous niveaux sont confrontés (avec parfois quelques surprises à l'arrivée). Nous étions le seul couple de 5e série (donc petite tenue réglementaire : pantalon noir / noeud papillon / chemise blanche pour lui, robe noire aux genoux en sac à patate pour moi) à danser avec des couples de 3e, 2e et 1e séries (tous avec super costumes et robes à paillettes) bien meilleurs que nous pour les sélectifs du championnat de France. Je peux vous dire que je faisais pas ma fière face à tous ces champions. Je maudissais même Max avant d'entrer en piste. On savait n'avoir aucune chance, alors on s'est "lâché". Jamais nous n'avons été encouragés comme ça : des gens que nous ne connaissions pas hurlaient notre numéro, nous disaient qu'on était courageux, qu'on avait super bien dansé, pas démérité, pas été ridicules. C'était une ambiance de folie. Nous avons ensuite encouragé nos favoris. On avait mal aux mains à force d'applaudir.
Vous me croyez ou pas. Mais n'allez pas à Bercy pour découvrir ce qu'est la danse sportive (le public n'y connaît rien). Venez plutôt dans nos compétitions régionales où les gens sont passionnés. Venez voir les compétiteurs se soutenir entre eux, se réjouir de la victoire d'un camarade, apprécier les intermèdes de danse moderne ou de hip-hop, rester après leur tour de danser pour pouvoir admirer les autres danseurs sur la piste, se balader dans les coulisses en chaussons et robes à strass. C'est tout un univers que j'adore. Une ambiance. Une camaraderie. Quelque chose que vous ne soupçonneriez jamais. Laissez-vous surprendre.
Ambre
par Revant
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Danser
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