Mercredi 16 mai 2007
Nous sommes venus en Belgique en sachant que ce serait temporaire sans pour autant savoir ce que nous réservait l'avenir.
La carrière de Max étant suspendue à des concours, il nous était difficile de savoir où nous allions atterrir en France et s'il finirait par obtenir un poste.
J'ai vécu en Belgique comme si je devais y rester. Sans doute parce que ce pays m'a adoptée. Aujourd'hui, je sais que je vais partir. Je l'ai toujours su mais je le ressens à cette heure et la réalité me glace un peu. Je suis heureuse car Max a un poste. Soulagée serait le mot juste pour moi qui le suit depuis des années, abandonnant ma famille dans le Sud-Ouest puis quittant mon travail à Paris (sans aucun regret vous le savez). Je vais à nouveau le suivre mais pour plus de tranquillité cette fois. Nous allons rester où il ira. Nous sommes un peu plus fixés.
Je vais donc recommencer la saga des cartons (je deviens une professionnelle du déménagement !), la recherche d'appartement, la préparation de notre arrivée. Il me sera dur de quitter la Belgique. Il me sera dur de retourner à Paris que j'étais si heureuse de quitter. Mais c'est pour lui. C'est pour nous. Nous en savons au moins plus sur notre devenir.

Ambre
par Ambre publié dans : Se raconter
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Lundi 16 avril 2007

Ce week-end, avec le beau temps, j’ai eu des envies de jardinage. Comme beaucoup. J’ai donc traîné Max à la pépinière pour y trouver quelques petites choses pour agrémenter notre balcon.

Ca me donne une occasion de vous parler de mes arbres, comme je vous l’avais promis il y a longtemps.

Je suis venue très tardivement au jardinage. Enfant, j’ai toujours eu un jardin dont je n’ai pas su profiter, comme tous les enfants. Je trouvais ennuyeuses les sessions inévitables de désherbage collectif et les coups de tête de mes parents pour des plantations diverses et variées me laissaient toujours indifférente. C’est lorsque mes parents se sont séparés et que mon père n’a plus eu le cœur à s’occuper du jardin que je me suis intéressée à la question. Ca me déplaisait de voir ce jardin laissé à lui-même. Il y avait de quoi s’occuper en abondance avec les fruitiers (framboisiers, groseilliers, fraisiers, cassis, poirier, cerisier, ce dernier ne nos ayant jamais donné la moindre cerise…) et je voulais refaire les plate-bandes. J’ai demandé un budget à mon père et je me suis lancée.

Je n’y connaissais pas grand chose mais je me suis débrouillée. Et le résultat était plutôt pas mal. On savait tous que ma plus petite sœur avait la main verte (les pâquerettes qui durent une semaine dans un verre d’eau, la noix lancée négligemment qui fait surgir un noyer, elle nous a tout fait sans jamais s’intéresser à la chose !) mais je découvris que je m’y entendais aussi. L’année suivante, ma mère réintégra la maison (alors que mon père en partait) et commença l’aventure du jardinage à quatre mains. Pour le coup, on était loin de nos conflits sur l’équitation : nous nous entendions parfaitement. Les virées chez Jardiland n’en finissaient plus, les après-midis avec les mains dans la terre et les genoux crottés étaient légion. Nous faisions notre petit tour de jardin le dimanche matin pour voir si tout notre petit monde allait bien et quels étaient les prochains travaux.

Et c’est là que j’ai dû me faire mordre. Par eux. Les arbres.

En quittant Bordeaux, je n’avais pas vraiment le choix : il fallait qu’ils soient petits puisque je n’avais que deux rebords de fenêtre à leur offrir. C’était une frénésie. Et Max avait plongé avec moi. Nous achetions des bouquins, nous lisions ce que nous trouvions sur Internet et nous avions du mal à revenir de la jardinerie sans un futur bonsaï à former.

Et puis Max s’est rendu compte qu’on ne pouvait plus manger sur la table car les plantes la monopolisaient, que par la fenêtre on ne voyait que de mini-arbres en pot… Et il a décidé de me stopper ! Trop c’était trop. On a dû instaurer des règles.

Il n’empêche que je suis toujours aussi fascinée par les arbres. Lorsqu’on a pu avoir (enfin !) un balcon, ce fut le bonheur. Nous avons pas mal d’arbres (ben oui, ça s’appelle comme ça même quand c’est tout petit, que ça ne ressemble ni à un bonsaï ni à un vrai grand arbre) : figuier, olivier, marronnier, érable, lilas, oranger… Il faut y ajouter les plantes aromatiques : thym, verveine citronnelle, lavande. Les plantes d’intérieur : ficus, stephanotis, bananier. Et, bien sûr, les orchidées (4 en tout dont deux ramenées de mon ancien job car les règles de la maison ne s’appliquaient pas au bureau : on contourne la loi comme on peut !).

Je ne vous cache pas que nous avons craqué ce week-end (ben, c’est pas une balade tout à fait innocente le passage à la pépinière…) mais nous sommes restés raisonnables : de quoi faire une jardinière de fleurs parce que le balcon est bien vert mais pas fleuri et de quoi tenir compagnie au thym avec un thym citronné et un romarin. Bon, et puis on a vu de super arbres (c’est une pépinière de rêves avec des prix hallucinants) qu’on voit peu ailleurs et je dois avouer que je rêve d’y retourner pour agrandir ma collection : il y avait un noisetier et un cognassier qui me faisaient de l’œil (si si, je vous jure) samedi.

Les arbres sont devenus en peu de temps ma bouffée d’oxygène, le petit plus qui me rappelle d’où je viens, le petit lien avec la nature qui m’a permis de survivre pendant les années béton parisiennes. Ca a sans doute l’air idiot dit comme ça mais c’est vrai. Je crois que je ne peux pas m’en passer et je rêve du jour où j’aurais une maison avec jardin pour pouvoir remettre tout ce petit monde en pleine terre et les voir s’épanouir et grandir chaque jour.

 

 

Ambre

par Revant publié dans : Se raconter
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